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Pérenniser notre système de retraite nécessitera des ajustements

Ils sont nombreux en ce moment, les sauveteurs de la retraite. Les candidats à la primaire de la droite rivalisent de propositions chocs pour assurer l’avenir de nos pensions, décidés à reculer l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans (Nicolas Sarkozy), ou à 65 ans (Alain Juppé, François Fillon, Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet).

Il est vrai que les arguments en ce sens ne manquent pas. Nos voisins européens se sont déjà faits à cette idée en mettant le cap sur 67, voire 68 ans au Royaume-Uni. Tout le monde est bien conscient que l’espérance de vie va continuer à s’allonger. La France détient déjà le record mondial du pays où l’on passe le plus de temps à la retraite : 27 ans pour une femme, 23 ans pour un homme. Enfin, le ratio cotisants/retraités va continuer à se dégrader : de 2,6 en 2006, il doit tomber à 1,6 en 2030. C’est loin, mais l’assurance-vieillesse est un lourd paquebot qui se manoeuvre à 25 ans, à l’échelle d’une génération.

Et puis, à côté de ces « inquiets », il y a Marisol Touraine, pour qui « aucune réforme des retraites ne s’impose aujourd’hui pour des raisons financières ». La ministre des Affaires sociales arbore, elle aussi, son brassard de secouriste, et explique sans barguigner que la gauche a « sauvé la Sécurité sociale », notamment parce que la branche vieillesse de la Sécu va revenir à l’équilibre en 2016. Elle devrait même afficher un excédent de 1,6 milliard d’euros l’an prochain au régime général.

En réalité, pour avoir une photographie plus exacte des résultats de l’assurance-vieillesse, mieux vaudrait consolider les (mauvais) comptes du fonds de solidarité vieillesse, comme le recommande la Cour des comptes. Même ainsi, cela ne ferait guère qu’un déficit de 2,4 milliards en 2017, à mettre en regard des 130 milliards d’euros de pensions et de transferts versés par le régime général. Une goutte d’eau. La ministre a donc raison de se réjouir du redressement des comptes.

Quant à avoir « sauvé » les retraites, c’est une autre affaire. D’abord parce que les sauveteurs du quinquennat précédent ont joué le rôle principal dans la séquence actuelle. Telle une voile qui prend le vent, la loi Woerth de 2010 est en train de se déployer, entraînant plus de 5,9 milliards d’économies en 2017 pour le régime général. Ce texte combattu par la gauche, à l’époque, fait progressivement passer l’âge minimum légal de 60 à 62 ans en janvier 2018, et l’âge du taux plein de 65 à 67 ans – une évolution qui doit s’étirer jusqu’en 2023. L’heure de la réforme Touraine viendra aussi, puisque la loi de 2014 prévoit une augmentation de la durée d’assurance échelonnée entre… 2020 et 2035. Economie attendue : 5,4 milliards, en 2030 ! Peut-être la droite en profitera-t-elle, par un juste retour des choses.

La question n’est toutefois pas de savoir qui a sauvé les retraites, mais « comment » et « pourquoi ». Avant d’entreprendre d’autres réformes, soyons clairs : que voulons-nous sauver ? Depuis la première réforme des retraites, celle de 1993, certains choix ont été faits, sans que le grand public réalise combien ils deviendraient pesants. C’est le cas de l’indexation des pensions sur les prix, et non plus sur les salaires. Voilà près de vingt-cinq ans que la bascule a eu lieu. Année après année, la revalorisation des pensions est moins vive que celle du revenu des actifs. Cela ne se voit pas pour l’instant, car les retraités récents ont eu des carrières plus longues et de meilleures rémunérations que leurs aînés, et peuvent donc prétendre à de plus belles retraites. Les seniors ne sont d’ailleurs pas à plaindre : leur taux de pauvreté est le plus faible de toute la population, et leur niveau de vie est supérieur à celui des actifs.

Mais attention à l’atterrissage. Les « Trente Glorieuses » de la retraite s’achèvent. A force d’ajuster les « paramètres » de la retraite dans tous les sens, de resserrer un boulon ici, de remettre une vis là, le rendement du système décroît. Les partenaires sociaux gestionnaires de la retraite complémentaire des salariés du privé (Agirc-Arrco) ont été inventifs pour faire grimper le prix d’achat du point et baisser sa valeur de service. Partout, les pensions ont été gelées, décalées, sous-indexées. Résultat, le niveau de vie des retraités devrait diminuer au cours de la prochaine décennie.

Quant aux travailleurs et aux employeurs, plus le temps passe, plus ils s’épuisent à financer les retraites. A chaque réforme, les cotisations augmentent. Un décret fixe depuis 2014 un plafond au taux de prélèvement retraite conjoint du régime de base et de l’Agirc-Arrco. A 27,4 %, on frôle déjà cette borne de 28 %. La tentation de la relever va grandir en 2017. La compétitivité ou les retraites, va-t-il falloir choisir ?

Peut-être pouvons-nous espérer un jour retrouver les deux, et aussi garantir le niveau des pensions à l’avenir. Avec une croissance de la productivité proche de 1,5 % par an, le système sera à l’équilibre, selon les projections du Conseil d’orientation des retraites (COR). Si ce scénario central s’avère trop optimiste, place aux sauveteurs avec leurs formules chocs.

Sinon, on pourra commencer à réparer les fêlures, en rectifiant la trajectoire des pensions. Qu’on ne s’y trompe pas : ces réformes de rééquilibrage, et non plus de redressement, coûteront cher. Pour alléger la facture des retraités futurs et des cotisants, il faudra sans doute actionner à nouveau le levier de l’âge et de la durée de cotisation. Sans qu’il soit forcément nécessaire de promettre du sang et des larmes.

Solveig Godeluck

Pension moyenne des retraites en 2012 : 1.228 euros

Ce montant a augmenté de 2,6% par rapport à l’année précédente, porté par la revalorisation légale et une progression dans le niveau de carrière des nouveaux retraités. Mais les revenus des 15,5 millions de Français à la retraite varient sensiblement selon le régime d’affiliation et… le sexe.

Au centre du débat concernant le pacte de responsabilité, les retraités français, vivant en France ou à l’étranger, étaient 15,5 millions fin 2012. Ils percevaient une pension moyenne de 1.228 euros, selon des chiffres publiés mercredi par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère des Affaires sociales et de la Santé.

 

Environ 1,4 million de retraités français à l’étranger

Ce nombre comprend les personnes bénéficiant d’une pension de retraite de droit direct (hors pensions de réversion etc.) d’au moins l’un des régimes français de retraite de base ou complémentaire. En ajoutant les retraités percevant seulement un droit dérivé, le nombre de retraités grimpe à près de 16,6 millions.

Tous ne résident toutefois pas dans l’Hexagone : environ 1,4 million de ces retraités (dont 1,1 million au titre d’un droit direct) vivent à l’étranger, précise la Drees.

 

La pension moyenne a connu une hausse de 2,6%

Leur pouvoir d’achat s’est accru avec le temps. Les 1.228 euros qu’ont touchés en moyenne en 2012 ces retraités, tous régimes confondus (salariés du privé, artisans, indépendants, agriculteurs, etc), représentent en effet 2,6% de plus qu’en 2011 (+1,3% en euros constants), selon la Drees.

L’augmentation s’explique par deux raisons : la revalorisation légale au rythme de l’inflation, mais aussi le fait que « la pension des nouveaux retraités, avec des carrières en général plus favorables, est plus élevée que celle des retraités qui décèdent, ce qui rehausse mécaniquement la moyenne » , explique la direction des statistiques.

 

Des différences selon le sexe et le régime d’affiliation

Le montant moyen cache toutefois d’importantes disparités, si l’on considère qu’en 2012 la pension moyenne de droit direct perçue par les hommes était de 1.654 euros, contre 951 euros pour les femmes.

De même, alors que les retraités du régime général reçevaient en moyenne 1.250 euros, ceux principalement affiliés au régime des professions libérales perçevaient 2.000 euros, contre 470 euros pour les commerçants.

Ces pensions peuvent toutefois être complétées par des complémentaires, indique la Drees, selon qui par ailleurs un retraité sur trois était polypensionné en 2012, percevant une retraite d’au moins deux régimes de base.

 

Ralentissement du flux des nouveaux retraités

Si le montant moyen de la retraite perçue a augmenté, le flux des nouveaux retraités a en revanche ralenti, sous l’effet de la réforme des retraites de 2010, qui a repoussé progressivement de cinq mois par génération l’âge légal de départ à la retraite. A titre d’exemple, une personne qui aurait pu partir à 60 ans en 2012 a donc dû attendre 2013 pour le faire. Résultat : alors qu’entre 2006 et 2010 on observait chaque année 360.000 retraités supplémentaires, ils étaient 210.000 en 2011 et 225.000 en 2012, calcule la Drees.

@latribune.fr

Gel des pensions : simulez votre perte

Les pensions sont d’ordinaire revalorisées une fois par an, histoire de compenser l’inflation. L’opération, très attendue par les retraités, avait jusqu’ici lieu au 1er avril mais a été reportée au 1er octobre par la dernière réforme des retraites. Enfin, ça, ce sera à partir de 2015, finalement…. Parce que pour 2014, le gouvernement a tout simplement décidé de geler les pensions de base. En clair : il n’y aura pas de revalorisation avant le 1er octobre 2015. Le Premier ministre Manuel Valls l’a annoncé mercredi.

Environ 100 € de perdus par an pour une pension de base de 1300 €

Selon les dernières estimations, l’inflation s’élèverait à 1,1 % en 2014. Ce qui aurait dû conduire, normalement, à une revalorisation au 1er octobre de 0,6 % (1,1 % moins 0,5 point pour compenser le fait que l’inflation avait été surévaluée lors de la revalorisation de 2013). Le gel, s’il se confirme, conduira donc à une perte de pouvoir d’achat de plusieurs dizaines d’euros par an pour les retraités. En raison de la faible inflation prévue cette année, il sera toutefois moins douloureux qu’il aurait pu l’être.

Quelle perte pour vous ? Cliquez ici

Du côté des complémentaires

Cette mesure s’applique à quasi tous les régimes de retraite de base. Côté complémentaires, tout dépend des professions. Les pensions complémentaires Agirc et Arrco, touchées par les ex-salariés du privé, ont également été gelées en 2014, en application d’un accord voté en 2013 par les syndicats et le patronat. Cet accord prévoit une revalorisation d’un point inférieure à l’inflation pendant trois ans. La prochaine revalorisation est prévue au 1er avril 2015 mais si l’inflation est très faible, le gel pourrait se poursuivre. Les pensions complémentaires versées aux ex-commerçants et artisans par le RSI doivent, elles, théoriquement être revalorisées au 1er octobre 2014. Quant aux complémentaires versées aux ex-libéraux par les 10 caisses de la Cnavpl, elles ont pour la plupart été revalorisées au 1er janvier 2014 et doivent l’être de nouveau en janvier 2015. Une exception toutefois pour les agents d’assurance affiliés à la Cavamac, qui doivent voir leur complémentaire revalorisée de 1,17 % au 1er octobre 2014.

NB : Un régime a toutefois cette année revalorisé à la fois ses pensions de base et ses complémentaires, il s’agit de celui des avocats (CNBF). L’opération a eu lieu au 1er avril.

Quid du minimum vieillesse ?

L’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), plus connue sous son ancien nom de minimum vieillesse, n’est concernée ni par le gel ni par le report au 1er octobre de la revalorisation. Cette allocation, réservée aux plus modestes, a été augmentée de 0,6 % au 1er avril et doit exceptionnellement être revalorisée une seconde fois cette année, au 1er octobre, pour être portée à 800 € mensuels.

 

@votreargent.lexpress.fr

Assemblée Vote Retraites 2013

Vote du projet de loi portant réforme des retraites

La première étape est franchie pour la réforme des retraites. Ce mardi 15 octobre, les députés ont adopté en première lecture le projet de loi portant cette réforme.

Le vote a été très serré, le texte étant approuvé par 270 voix. 249 députés ont voté contre. Le groupe du Front de gauche, qui a mené bataille contre la réforme, a voté contre, tout comme l’opposition UMP et UDI (centriste).

Ce projet de loi passera ensuite au Sénat, à partir du 28 octobre prochain. La réforme entrera ensuite en vigueur au 1er janvier.

Le texte, dont les deux principales mesures sont l’allongement de la durée de cotisation à 43 années ainsi que la création d’un compte pénibilité pour les salariés ayant exercé un métier difficile physiquement, a été amendé à la marge par les députés.

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Retraite dès 59 ans pour pénibilité

Retraite dès 59 ans pour pénibilité

Les salariés ayant travaillé dans des conditions difficiles pourraient partir à la retraite dès 59 ans.

Sous le regard attentif de Marisol Touraine, les députés socialistes ont remisé la plupart de leurs ambitions au vestiaire lors de l’examen de la réforme des retraites en commission des affaires sociales, qui s’est achevé mercredi midi. Il n’était pas question de remettre en cause «l’équilibre atteint au terme d’une longue consultation avec les partenaires sociaux», les avait prévenus la ministre des Affaires sociales, présente lors des travaux parlementaires. À la poubelle, par exemple, la prise en compte des années d’études et des stages dans le calcul de la retraite.

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Le projet de réforme des retraites: les plus et les moins

Les conséquences de la réforme des retraites ne sont pas identiques pour tous. Tour d’horizon des principaux changements.

 

LES MOINS

  1. L’allongement de la durée de cotisation

Dans son article 2, le projet de loi modifie le code de la Sécurité sociale pour l’allongement de la durée de cotisation, qui s’appliquera aux personnes nées à partir du 1er janvier 1958.

Puis cette durée de cotisation s’allonge d’un trimestre tous les trois ans pour atteindre et se stabiliser à 172 trimestres, soit 43 ans, pour ceux nés à partir du 1erjanvier 1973. Elle est actuellement de 166 trimestres (41,5 ans) à compter de la génération 1955.

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Désindexation des pensions retraite

Désindexation des pensions retraite et hausse de la cotisation employeur

Patronat et syndicats, gestionnaires des régimes de retraites complémentaires Arrco et Agirc, cherchent des solutions financières pour sauver ces régimes. Le Medef propose de désindexer la revalorisation des retraites complémentaires par rapport à l’inflation: en 2013, la revalorisation des retraites serait inférieure de 1,5 point à celui de l’inflation, puis inférieure de un point les années suivantes jusqu’en 2017. Une hausse de la cotisation employeur de 0,1 point est également sur la table.

Les pensions de retraites complémentaires Arrco (salariés) et Agirc (cadres) seront-elles revalorisées comme d’habitude le 1er avril prochain ? Rien n’est moins sûr. Patronat et syndicats se retrouvaient ce mardi au siège du Medef pour une troisième séance de négociation pour « sauver » ces régimes dont la situation financière est chancelante. Le temps presse maintenant pour 11 millions de retraités concernés qui se demandent à quelle sauce ils vont être mangés. Car il y a le feu. Si rien n’est fait, le déficit Agirc-Arrco dépassera les 10 milliards d’euros en 2017. Et les réserves financières seraient épuisées dès 2017 pour l’Agirc et en 2020 pour l’Arrco.

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Retraite : les changements de 2013

Age minimum de la retraite : 60 ans et 9 mois

En dehors des dispositifs de retraite anticipée, les assurés nés à compter du 1er avril 1952 doivent attendre d’avoir atteint 60 ans et 9 mois pour pouvoir partir en retraite cette année. C’est la conséquence directe de la réforme des retraites de 2010, qui prévoit un allongement progressif de l’âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans d’ici 2018.

 

Salaire minimum pour valider un trimestre

En 2013, il faut avoir perçu une rémunération au moins égale à 1.886 euros pour valider un trimestre d’assurance (soit 7.544 euros dans l’année pour valider 4 trimestres) contre 1.844 euros en 2012.

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Flash Retraite

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