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Quel avenir pour le statut de cadre ?

Le régime de retraite complémentaire spécifique des cadres, en grave difficulté financière, vit peut-être ses dernières heures. L’idée d’une fusion de l’Agirc avec le régime complémentaire de tous les salariés (Arrco) fait en effet son chemin, menaçant le statut même des cadres, selon des syndicats.

La situation des deux régimes de retraite complémentaire n’est pas catastrophique, ont répété les partenaires sociaux lors de l’ouverture de la nouvelle négociation pour rééquilibrer les comptes. Pour autant, il faut redresser le cap pour le régime qui couvre depuis 1947 les cadres, dirigeants salariés, et certains techniciens et agents de maîtrise.

A raison de déficits annuels proches de 3 milliards d’euros dès l’année prochaine, les réserves de l’Agirc pourraient se retrouver à sec dès 2018 si aucune mesure n’était prise, selon la Cour des comptes. Concrètement, cela se traduirait par une baisse de 11% de la pension complémentaire Agirc versée à plus de 2,7 millions d’anciens cadres ou ayants droit.

Déséquilibre démographique

Ces réserves devaient initialement amortir le déséquilibre démographique (10 cotisants pour un retraité en 1945, 1,6 aujourd’hui). Mais le fort ralentissement économique a contribué à détériorer les comptes, et depuis cinq ans, l’Agirc verse plus de pensions qu’elle ne perçoit de cotisations.

Un autre élément pèse sur les comptes. Les cadres cotisent à l’Agirc à partir d’un certain plafond de salaire. Or ce plafond augmente au même rythme que le salaire moyen dans le privé. Mais comme ce salaire moyen augmente plus vite que la rémunération des cadres, la tranche au-dessus du plafond de la Sécurité sociale « se réduit au fil du temps », et les cotisations aussi, explique Sylvie Durand (CGT).

L’une des solutions avancées par le Medef est donc de fusionner l’Agirc et l’Arrco, ce qui permettrait notamment d’importantes économies de gestion et repousserait à 2023 l’épuisement des réserves, selon la Cour des comptes.

« Se faire hara-kiri, ça fait beaucoup »

Mais le syndicat des cadres, la CFE-CGC, ne veut pas en entendre parler. La fusion « ne règle pas le problème, elle le repousse », tranche Serge Lavagna.

Selon lui, si « on commence à gommer un élément du statut des cadres », avec le volet retraite complémentaire, le risque est d’aller progressivement vers « le détricotage des dispositions spécifiques aux cadres », et ce « jusqu’à la disparition du collège spécifique et donc d’une représentation spécifique ».

Pour le syndicat des cadres, l’Agirc est donc « clairement un enjeu » et il faudra « jouer sur tous les autres leviers » pour redresser les comptes, y compris des mesures douloureuses telles que les décotes sur les pensions.

Une hausse des cotisations, avancée par plusieurs syndicats dont la CGT, est récusée par le patronat. « On peut nous demander beaucoup d’efforts, mais se faire hara-kiri, ça fait beaucoup quand même », concède Serge Lavagna.

Dans ce combat mal engagé, la CFE-CGC a pour l’instant la CGT pour seule alliée.

Quel avenir pour le statut de cadre ?

L’enjeu de la négociation sur l’Agirc-Arrco est de « supprimer le statut cadre » et « les seuils de reconnaissance de qualification des cadres dans de nombreuses conventions collectives », ce qui « tirerait vers le bas les rémunérations », met en garde Marie-Josée Kotlicki (CGT).

Selon Marie-Josée Kotlicki, cela pousserait aussi les cadres à capitaliser en vue de leur retraite et permettrait « aux marchés financiers de récupérer une manne financière ».

« Le troisième pilier » de la retraite qu’est l’assurance retraite privée « va se développer », estime aussi Philippe Burger, associé responsable Capital Humain au cabinet Deloitte. Le système est en effet moins coûteux pour les entreprises que les cotisations qu’elles acquittent au titre de l’assurance obligatoire.

La CFE-CGC et la CGT ont jusqu’à juin pour convaincre les six autres négociateurs représentant le patronat et les syndicats d’abandonner la fusion.

Pour éviter le sujet de la fusion lors des négociations sur les retraite complémentaire, la CFE-CFE va tenter lundi, lors d’une réunion sur l’agenda social, d’obtenir des partenaires sociaux l’ouverture de discussions plus larges sur le statut cadre.

@challenges.fr

retraite et exaptriés

Préparer sa retraite lorsqu’on est expatrié

Travailler à l’étranger tout en conservant vos régimes de retraite français, dont les régimes Arrco et Agirc, c’est possible. À condition de cotiser auprès d’une caisse de retraite Arrco et, si vous êtes cadre, auprès d’une caisse de retraite Agirc. Vous continuerez d’obtenir des points de retraite complémentaire. Plus tard, vous pourrez prendre votre retraite dans des conditions similaires à celles des personnes salariées en France.

 

1.       Vous êtes détaché

Le détachement se caractérise par le maintien en vigueur de votre contrat de travail d’origine. De ce fait, vous continuez à cotiser aux caisses de retraite du régime général (CNAV), ainsi que des régimes complémentaires par répartition ARRCO (non-cadres) et AGIRC (Cadres) comme si vous étiez resté en France.

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Expatriés rachats de trimestres

Expatriés : mauvaise nouvelle pour les rachats de trimestres

Mauvaise nouvelle pour tous les Français qui ont travaillé à l’étranger et qui veulent faire valoir leurs droits à la retraite. Après deux ans d’attente, les conditions pour racheter des trimestres sont enfin officielles, et pas forcément, très avantageuses.

Il aura fallu 2 ans pour confirmer les conditions de rachat de trimestres des expatriés. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2010 a aligné le coût du rachat des périodes accomplies à l’étranger sur celui du « versement pour la retraite » applicable pour les années d’études supérieures ou les années civiles incomplètes. Cette mesure s’applique aux demandes de rachat déposées depuis le 11 janvier 2011 par les Français qui ont exercé une activité salariée ou assimilée à l’étranger et qui n’ont pas cotisé pendant cette période pour leur retraite de base, via la caisse des français de l’étranger (CFE). Mais faute de circulaire d’application, les demandes déposées depuis cette date étaient restées en attente. Celle-ci vient enfin d’être publiée.

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Retraite et expatriés

Retraite et expatriés

Les personnes qui ont exercé une activité en France et à l’étranger sont de plus en plus nombreuses. Comment les périodes travaillées hors de l’hexagone sont-elles prises en compte pour la retraite?

– Vous avez été détaché à l’étranger par votre entreprise. Votre  employeur a  cotisé  au régime général de la Sécurité sociale française, votre relevé de carrière a été alimenté chaque année et vos trimestres ont été validés selon les cotisations versées. Cette période compte pour votre retraite de la même façon que si vous étiez resté en France.

– Vous avez travaillé à l’étranger comme salarié expatrié, donc vous avez cessé d’être affilié au régime général de la Sécurité sociale française. Soit: vous avez relevé du régime local de sécurité sociale s’il en existait un. Et/ou vous avez adhéré, sous certaines conditions, à l’assurance volontaire vieillesse auprès de la caisse primaire dans la continuité de la couverture française, ou par l’intermédiaire de la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Dans ces cas-là, les périodes sont validées sur votre compte carrière en fonction des cotisations acquittées.

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