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Retraite à 60 ans : un geste qui coûtera 500 millions à l’Arrco

Le rétablissement partiel de la retraite à 60 ans coûtera 490 millions d’euros à l’Arrco l’an prochain. La situation financière des régimes de retraite complémentaire continue de se dégrader. Les partenaires sociaux qui gèrent l’Agirc-Arrco se réunissent le 6 juillet pour trouver une solution.

Le rétablissement partiel de la retraite à 60 ans, mesure phare du nouveau gouvernement, va coûter cher aux régimes complémentaires : un demi-milliard d’euros dès l’année prochaine. Pour la première fois, des prévisions chiffrées ont été dévoilées vendredi au conseil d’administration de l’Arrco, le régime de retraite complémentaire des salariés du secteur privé qui est géré par les partenaires sociaux. En avançant l’âge du départ pour quelque 100.000 assurés, le décret qui sera publié dans quelques jours va entraîner des charges supplémentaires, ainsi qu’un manque à gagner de cotisations. Au total, la réforme Hollande va coûter 60 millions d’euros à l’Arrco cette année -elle n’entrera en vigueur que le 1 er novembre -et 490 millions en 2013. Le coût pour l’Agirc, le régime complémentaire des cadres, sera connu demain. Il devrait être beaucoup plus faible, car la réforme bénéficie à des assurés qui ont commencé leur vie professionnelle avant vingt ans, autrement dit peu de cadres qui ont, généralement, fait des études supérieures.

Au total, la « mesure de justice » voulue par François Hollande coûtera donc environ 500 millions d’euros à l’Agirc-Arrco l’an prochain, une dépense qui augmentera ensuite « de manière significative », souligne la note remise vendredi. C’est à peu près la moitié de ce qu’elle coûtera aux régimes de base -1,1 milliard d’euros en 2013, prévoit le gouvernement, et 3 milliards à l’horizon de 2017.

Pour les régimes de base, la dépense sera couverte par une hausse des cotisations sociales de 0,5 point. Pour les complémentaires, rien n’est prévu pour le moment. Le patronat et les syndicats qui gèrent l’Agirc-Arrco doivent se réunir le 6 juillet pour lancer une négociation sur ce sujet. Une hausse des cotisations paraît, là aussi, inéluctable, car les deux régimes sont déjà dans une situation financière tendue. Même si le patronat y est pour l’instant vivement opposé.

L’Arrco a terminé l’exercice 2011 sur un déficit de 2 milliards d’euros, qui devrait encore se creuser pour atteindre 3,6 milliards fin 2013, selon les prévisions qui ont été dévoilées vendredi (voir graphique). « Avec le coût de la réforme, le déficit dépassera en réalité les 4 milliards l’an prochain si rien n’est fait », s’inquiète l’un des membres du conseil.

Pour faire face à ces déficits, l’Arrco puise, pour l’instant, dans ses réserves, évaluées à quelque 42 milliards d’euros. Un niveau encore confortable, qui représente plus d’une année de prestations. « Nous ne sommes pas au bord du précipice », souligne un autre gestionnaire du régime. La situation est plus inquiétante à l’Agirc, où les réserves sont beaucoup plus réduites : 8,2 milliards fin 2011, soit environ cinq mois de prestations seulement.

@lesechos.fr

 
 

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