Toute l'Actualité des Retraites

Blog


Réformer ou mourir !

Selon le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites, le déficit de l’ensemble des régimes de retraites atteindra 18,8 milliards d’euros en 2017.

Réformer ou mourir, François Hollande n’a pas le choix. Si le président ne fait rien, le déficit de l’ensemble des régimes de retraite se creusera d’un tiers d’ici à la fin du quinquennat, à 18,8 milliards d’euros par an. Et culminera à un montant compris entre 20 et 25 milliards en 2020, selon les dernières prévisions du Conseil d’orientation des retraites (COR). Soit plus que le budget annuel du ministère de l’Intérieur.Et pourtant la dernière réforme date d’il y a trois ans à peine. Mais le sujet doit être remis sur la table par le président socialiste. Non pas parce la réforme Woerth – du nom du ministre qui l’avait portée en 2010 – n’était pas financée ou inefficace (le report progressif de deux ans de l’âge de départ rapportera 20 milliards par an à terme). Mais simplement en raison de la crise et d’un effondrement des recettes et d’une envolée des dépenses. Et ce, sur une tendance de baisse du ratio démographique (le nombre de cotisants par retraité) et de hausse de l’espérance de vie (deux mois supplémentaires par an). Alors que l’espérance de vie à 65 ans était d’une seule année en 1945, elle est aujourd’hui à 60 ans de l’ordre de 25 à 30 ans…Les outils pour redresser la barre sont connus. Le gouvernement peut augmenter les cotisations, acquittées pour un tiers par les salariés et deux tiers par les employeurs. Mais avec un double désavantage: la compétitivité des entreprises ainsi que le pouvoir d’achat des Français seraient amputés. L’autre solution serait de geler les pensions des retraités, et ce bien qu’elles aient été grignotées cette année par une nouvelle taxe de 0,3 %. Le gouvernement pourrait être incité à le faire, imitant une décision que devraient arrêter les partenaires sociaux qui se penchent depuis quatre mois sur les régimes complémentaires, au bord de la faillite.

Le gouvernement n’a pour l’instant choisi aucune piste

Qui le gouvernement choisira-t-il au final de mettre à contribution? Probablement «tout le monde!», a répondu jeudi le député socialiste Pascal Terrasse dans un entretien au Parisien. Avec une idée précise de la répartition: «Un tiers pour les retraités, un tiers pour les salariés, un tiers pour les employeurs», a précisé le M. Retraite du PS.

Vu l’ampleur des besoins de financement, le gouvernement devra probablement jouer également sur la durée d’activité. Le paramètre le plus emblématique à actionner serait d’accélérer le report de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, programmé pour 2017 – l’ancien ministre UMP Xavier Bertrand le propose -, puis de le porter rapidement à 65 ans. Une option difficilement envisageable pour le gouvernement qui a fait voter, l’été dernier, un retour partiel à la retraite à 60 ans pour 100 000 affiliés par an. L’exécutif pourrait coupler le report de l’âge légal avec un allongement de la durée de cotisation, aujourd’hui fixé à 41,5 annuités pour une retraite à taux plein. Même l’aile gauche du PS ne l’exclut plus aujourd’hui, Henri Emmanuelli, l’un de ses leaders, acceptant le principe qu’il faut «se poser la question». C’est dire! Le gouvernement n’a pour l’instant choisi aucune piste. Il s’est contenté de promettre une réforme pour la fin de l’année et de mettre en place la semaine dernière un comité des sages chargé d’élaborer sous trois mois des propositions. Des pistes d’évolution qui seront discutées à partir de l’été avec les partenaires sociaux.

@lefigaro.fr

 
 

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Flash Retraite

Focus sur…