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Les Français et la réforme des retraites (sondage sept. 2013)

A l’issue du processus de concertation engagé sur la question des retraites avec les partenaires sociaux, le gouvernement a dévoilé les détails de sa réforme. Le sondage réalisé par l’Institut CSA pour L’Humanité révèle une réforme gouvernementale qui ne convainc pas une majorité de Français. Certaines mesures bénéficient toutefois du soutien d’une majorité de répondants, sans parvenir à lever leurs inquiétudes.

Dans un contexte de pessimisme élevé concernant l’avenir de la société française, les Français se soucie aussi de celui de leur retraite. En effet, plus de huit interviewés sur dix expriment leur inquiétude quant à leur retraite (81%), contre seulement 15% de « Pas inquiets ». Ce résultat est largement supérieur à celui observé en mai 2003 (65% « Inquiet »), alors que la mobilisation sociale contre la réforme de François Fillon battait son plein. Notons toutefois que l’intensité de cette inquiétude semble évoluer à la baisse depuis quelques mois puisque moins d’un tiers des Français se déclarent aujourd’hui « Très inquiets » (32% contre 48% en mai 2013). Si l’inquiétude est générale parmi l’ensemble des catégories sociales, ce sont les Français âgés de 25 à 64 ans(parmi lesquels on recense la plupart des actifs) qui apparaissent les plus préoccupés par leur retraite.


Cette inquiétude se traduit par un scepticisme assez prononcé à l’égard de la politique menée par le gouvernement sur le dossier des retraites. Pour près de sept Français sur dix (69%), les mesures proposées par l’exécutif vont plutôt dans la mauvaise direction, contre moins d’un tiers estimant qu’elles vont plutôt dans la bonne direction (31%). Assez logiquement, les réponses à cette question se révèlent clivées politiquement : les sympathisants de gauche se présentent ainsi comme les premiers soutiens de la réforme (63% « Plutôt dans la bonne direction» contre 37% « Plutôt dans la mauvaise direction») tandis que ceux de droite (13% contre 87%) et du Front National (9% contre 91%) s’avèrent particulièrement critiques.


Véritable nouveauté de la réforme de Jean-Marc Ayrault, la mise en place d’un compte pénibilité pour les salariés du privé exposés à des conditions de travail réduisant leur espérance de vie est largement soutenue par les Français. Plus de huit personnes interrogées sur dix se disent ainsi favorables à cette mesure (85%), dont 37% « tout à fait favorables». A l’inverse, seul 15% y sont opposés. Cette mesure est majoritairement soutenue par l’ensemble des catégories de population, quoique plus largement chez les ouvriers (90%). En termes de proximité politique, si les sympathisants de gauche soutiennent massivement cette mesure (91%), ceux de droite (78%) et ceux du Front national (89%) y sont eux aussi largement favorables.

Le maintien de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans est une mesure bien perçue des Français : 69% des répondants y sont favorables, contre 31% opposés. Dans le détail, ce sont les actifs qui émettent les opinions les plus positives : plus de sept actifs sur dix approuvent cette mesure (contre 66% chez les inactifs). Notons enfin que les salariés du public apparaissent plus favorables à cette mesure que les salariés du privé (83% contre 72%).

Evoquée à plusieurs reprises par certains leaders syndicaux, la mise à contribution des revenus financiers ne figure pas dans la réforme présentée par le gouvernement mais n’en suscite pas moins des opinions majoritairement favorables. En effet, près des deux tiers soutiendraient une telle mesure (63% « Favorables ») tandis que 37% y seraient opposés. Une idée plus fréquemment défendue chez les hommes (72% contre 54% chez les femmes), chez les interviewés les plus âgés (72% chez les retraités) et à gauche de l’échiquier politique (80% chez les sympathisants de gauche).

L’augmentation progressive des cotisations patronales jusqu’en 2017 proposée par le gouvernement est accueillie par les Français à des niveaux équivalents. Près des deux tiers se déclarent en faveur d’une hausse de ces cotisations (63%) alors que 37% y sont opposés. Dans le détail, ces opinions négatives sont davantage exprimées par les personnes les plus âgées (68% chez les 65 ans et plus) et les professions intermédiaires (68%). De leur côté, les interviewés travaillant à leur propre compte, bien que majoritairement favorables, sont les plus critiques sur cette question (55% « favorables » et 45% « opposés »). La position à l’égard de cette mesure se révèle clivée politiquement : les sympathisants de gauche la soutiennent largement (82%) tandis que ceux de droite (52%) et du Front National (56%) semblent plus partagés.

Certaines mesures du gouvernement apparaissent ensuite beaucoup plus controversées. C’est le cas de l’allongement progressif de la durée de cotisation pour laquelle une majorité de Français est opposée (55% « Opposés » contre 45% « Favorables »). Ces critiques sont assez logiquement formulées par les personnes les plus concernées : plus de six actifs sur dix sont opposés à cet allongement (62%) contre seulement 34% chez les retraités. Parmi les actifs, les catégories populaires (67% « Opposés » contre 55% chez les CSP+) et les salariés du secteur public (69% contre 59% chez ceux du privé) se révèlent encore plus critiques. Avec cette mesure, le gouvernement suscite des positions variées à gauche de l’échiquier politique : les sympathisants PS y sont majoritairement favorables (58% contre 42%) alors que ceux du Front de gauche y sont massivement opposés (25% contre 75%). Plus intéressant, c’est finalement auprès des sympathisants de droite (60% contre 40%) que Jean-Marc Ayrault trouve son plus large soutien sur cette question.

Le constat s’avère identique concernant l’augmentation progressive des cotisations des salariés, pour laquelle les Français semblent assez logiquement défavorables (43% « Favorables » contre 57% « Opposés). Ici encore, un clivage se fait jour entre les actifs et les retraités, les premiers étant plus opposés (38% « Favorables » contre 62% « Opposés ») que les derniers (57% contre 43%). Cette mesure est majoritairement contestée par l’ensemble des catégories socioprofessionnelles, quoique plus largement parmi les catégories populaires (71% des ouvriers y sont opposés). En termes de proximité politique, seuls les sympathisants PS (70% «Favorables») soutiennent cette augmentation qui suscite des opinions beaucoup plus négatives auprès de ceux du Front de Gauche (68% « Opposés »), de droite (57%) et du Front National (64%).

Enfin, le décalage de la revalorisation annuelle des pensions de retraites du 1er avril au 1er octobre est la proposition gouvernementale la plus contestée. Près de six Français sur dix s’y opposent (61% dont 43% « Tout à fait opposés »). Dans le détail, si cette mise à contribution des retraités est critiquée par l’ensemble des catégories sociales, elle l’est encore davantage par les principaux intéressés : plus de sept retraités sur dix sont expriment leur désaccord (71%).

Plus de quatre Français sur dix (42%) expriment leur soutien (19%) ou leur sympathie (23%) à l’égard de la journée d’action du 10 septembre 2013 contre la réforme des retraites du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Plus d’un tiers y sont indifférents et un quart environ (24%) expriment leur opposition ou leur hostilité à ce mouvement. Dans le détail, le soutien et la sympathie à l’égard de la journée d’action s’avèrent, assez logiquement, beaucoup plus élevés parmi les sympathisants de gauche (52%) et notamment du Front de Gauche (75%) que parmi ceux de droite (26%). Notons également qu’un sympathisant FN sur deux manifeste son soutien (50%). Cette proportion non négligeable de Français adhérant à la journée d’action initiée par la CGT, CGT-FO, FSU, Solidaires s’avère toutefois sensiblement inférieure à la moyenne des résultats observés par CSA et L’Humanité depuis la mise en place de cette mesure d’adhésion en 1995.

Alors que le gouvernement n’est pas parvenu à un accord avec l’ensemble des partenaires sociaux à l’issue du processus de concertation, près de huit personnes interrogées sur dix souhaiteraient l’organisation d’un référendum sur la réforme des retraites (79%, dont 37% « Oui, tout à fait »). A l’inverse, 21% n’en expriment pas le désir. Dans le détail, ce souhait est exprimé de manière homogène par l’ensemble de la population quoique plus largement encore chez les actifs (83% contre 70 chez les retraités) et les catégories populaires (87% contre 77% chez les CSP+). Notons enfin qu’en termes de proximité politique, si les sympathisants de droite et du FN soutiennent massivement l’idée d’un référendum (respectivement 82% et 91%), ceux de gauche (67%) et notamment ceux du Front de Gauche (78%) y sont eux aussi majoritairement favorables.

 
 

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