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Pour un système universel de retraite

Préconisations de Jean-Paul Delevoye, Haut-Commissaire à la réforme des retraites.

Le Président de la République et le Premier ministre m’ont chargé, auprès de la ministre des solidarités et de la santé, de préparer la création du système universel de retraite en coordonnant les travaux nécessaires et en organisant la concertation avec les principaux acteurs. Le temps est venu de rendre compte au Premier ministre de cette mission.
Dans ce document, je vous invite à partager les principes fondateurs du système universel de retraite tel que je le conçois à l’issue des travaux et des nombreux échanges que j’ai réalisés.
Cette proposition de système universel veut contribuer à la construction de la protection sociale du XXIe siècle telle que souhaitée par le Président de la République et, conformément au cadre fixé par le Premier ministre, elle vise à renforcer l’équité entre les générations, à mieux protéger les plus fragiles, à restaurer la confiance des Français et à redonner de la valeur au travail.
Le système universel que propose ce document répond aux attentes profondes de nos concitoyens en termes d’équité, de justice, de simplification, de lisibilité, de solidité et de solidarité, mais surtout il entre en résonance avec notre société d’aujourd’hui et de demain.
Si nous regardons l’histoire des retraites, nous constatons que nos systèmes de protection sociale sont les fruits de la crise des années 1930 et du second conflit mondial. La grande inflation puis la crise des marchés des capitaux avaient ruiné la confiance dans l’épargne individuelle ; les chaînes de solidarité familiale s’étaient distendues ; les progrès de l’espérance de vie étaient sous-estimés. Des mécanismes collectifs de prévoyance, en répartition, parurent alors plus efficaces pour lutter contre la pauvreté des personnes âgées.
En 1935, aux Etats-Unis, dans le cadre du New Deal de Roosevelt, en 1942, au Royaume-Uni, avec le rapport Beveridge, nos Alliés avaient posé ces bases. En France, ceci a conduit les Gaullistes et les Communistes à proposer un système de sécurité sociale dont les principes sont précisés dans l’exposé des motifs de l’ordonnance du 4 octobre 1945 : « La sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes.
Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle répond à lapréoccupation de débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain ».
“Le projet que nous engageons appartient à tous.”
Ils appellent ainsi à une maison commune ou à une organisation qui, pour atteindre sa pleine efficacité, doit englober tous les assurés. Mais cette ambition universelle a cédé sous le poids des solidarités professionnelles, d’où nos 42 régimes de retraite. Aujourd’hui, beaucoup de pays ont ouvert le débat sur la protection sociale du XXIe siècle et deux modèles s’affrontent : l’individualisation et l’assurance ou le collectif et la mutualisation.

L’Histoire nous interpelle. À société nouvelle, réponse nouvelle :
• Personne ne peut garantir l’avenir de sa profession dans sa pratique, son essence, sa démographie, son statut, son périmètre. Or, notre système reste essentiellement fondé sur des solidarités professionnelles.
• Personne ne peut prévoir ce que sera la croissance économique, l’évolution du monde salarial, l’inflation, les nouvelles formes d’activité, l’impact sur l’économie des contraintes environnementales et technologiques. Or notre système de retraite actuel est très dépendant
des hypothèses de croissance économique et d’emploi.
• Le vieillissement accéléré de nos sociétés, les fragilités sociales, une anxiété pour le futur nourrissent une interrogation sur la solidité de notre protection sociale. Or un système de retraite doit reposer sur la confiance, afin de garantir aux générations qui cotisent qu’elles percevront, à leur tour, les fruits de notre système de protection.

Lire tout le rapport ici

 

About Nathalie Badaire

Fondateur, Expert retraite & rémunérations de fins de carrière. Juriste en droit de l’économie, expert en reconstitution de carrière et en optimisation des retraites depuis 13 ans Nathalie Badaire a conseillé et accompagné de nombreux profils pour une gestion optimisée de leur droits à la retraite et est régulièrement consultée par les DRH sur des problématiques de gestion prévisionnelle des emplois et de Plans de Sauvegarde de l’Emploi. Son expérience, son approche conseil et son analyse prospective en font un expert complet. Voir tous les articles de Nathalie Badaire
 

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