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decret sur les retraites

Doit-on s’inquiéter du coût engendré par le nouveau décret retraite ?

A peine annoncé en conseil des ministres, le décret sur le retour de l’âge légal du départ à la retraite dès 60 ans pour ceux ayant commencé à travailler tôt fait déjà l’objet de vives critiques… Certains syndicats saluent la mesure mais la jugent insuffisante alors que l’opposition critique son coût.

La mesure était un engagement du candidat Hollande. Le gouvernement Ayrault a mis les bouchées doubles pour la formaliser avant le premier tour des législatives. La facture sera pour plus tard. Il paraît qu’elle sera moins élevée que prévu. À voir, puisqu’aux trois milliards d’euros qu’elle coûtera pour le régime de base, en 2017, il faudra ajouter une somme qui n’a pas été communiquée (elle sera sans doute plus importante encore) pour financer l’Unedic et les retraites complémentaires. La hausse des cotisations et/ou des impôts ne se limitera pas aux 0,25 % annoncés hier pour les salariés et les entreprises !

Déjà incertain avec la réforme Sarkozy-Fillon-Woerth, le retour à l’équilibre en 2017 des régimes de retraite est fortement compromis. La France ne va pas tarder à s’attirer les foudres des Européens à qui l’équipe Hollande a réitéré la promesse de rétablir les comptes de l’État.

Ce décret « rapproche un peu plus la France d’une nouvelle dégradation », peut-on lire dans les colonnes du ‘Wall Street Journal’. Le quotidien américain rappelle que la réforme des retraites portant l’âge légal de départ en retraite de 60 à 62 ans, instaurée sous la présidence de Nicolas Sarkozy a été « vendue comme la mesure phare permettant à la France de rétablir l’équilibre de ses finances publiques ».

Le journal rappelle que d’ici 2050 il n’y aura plus que deux travailleurs pour un retraité au sein de l’UE contre quatre actuellement. A moins d’augmenter de manière drastique les taxes sur les salaires et donc de peser sur le coût du travail, l’équilibre budgétaire du régime des pensions est inatteignable, conclut le ‘WSJ’…

« Qui va payer ? Nous avons fait les calculs (…) pour 100.000 personnes qui vont effectivement avoir la possibilité de partir plus tôt à la retraite, ce sont des millions de salariés français qui vont payer plusieurs centaines d’euros de cotisations retraite supplémentaires », a déploré l’ancienne ministre du Budget, Valérie Pécresse.

A la sortie du conseil, la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine a expliqué que la mesure serait financée en année pleine, en 2017, par une hausse des cotisations vieillesse de 0,5 point, à moitié à charge des employeurs et à moitié à charge des salariés. D’après Valérie Pécresse, pour un couple gagnant 3.000 euros par mois, la mesure leur coûtera 230 euros par an…

Pierre Burban, vice-président (au nom de l’Union Professionnelle Artisanale) de la Caisse nationale d’assurance vieillesse(Cnav), s’interroge sur le coût réel du décret : « J’ai un problème sur le calcul. Il faudra que les ordinateurs de la Cnav moulinent ! Quand va intervenir la première augmentation des cotisations ? Au 1er novembre 2012, date d’application du décret ? Ou seulement au 1er janvier 2013 ? Dans une démocratie mature, on fait des chiffrages et des hypothèses, puis, bien sûr, le gouvernement décide. Là, la concertation s’est faite sans chiffrages précis. Je n’ai donc pas d’éléments financiers suffisants pour considérer que l’on a compté assez large pour financer la mesure. D’autant plus que les nouvelles modalités de ce décret vont également s’appliquer à compter du 1er novembre aux personnes qui peuvent déjà bénéficier du dispositif « carrières longues», c’est-à-dire celles qui ont commencé à travailler avant 18 ans. »

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1 commentaire

  1. Metzlé

    Ça se discute…

    Réforme sur les retraites Gouvernement Sarkozy

    Injuste pour cinq bonnes raisons.

    1. Elle taxe beaucoup le travail, très peu le capital et les entreprises

    Les mesures qui repoussent l’âge légal de 60 à 62 ans, et qui repoussent le taux plein – celui auquel il n’y a plus de pénalité financière quand on n’a pas tous ses trimestres de cotisation – de 65 à 67 ans, représentent 20 milliards d’euros d’économie par an à partir de 2020, soit l’essentiel du financement. Les mesures qui taxent le capital et les entreprises ne représentent elles que 5 milliards d’euros d’économie par an.

    2. Elle occulte les inégalités d’espérance de vie

    Pour la faire courte, l’espérance de vie d’un ouvrier est de sept ans inférieure à celle d’un cadre, selon l’Insee. Reculer l’âge légal à 62 ans pour tous se révèle de ce fait injuste, car les cadres profitent de leur retraite en moyenne plus longtemps, et dans de meilleurs conditions – en effet les professions manuelle sont touchées par les limitations fonctionnelles physiques ou sensorielles, qui concernent 60% des années à vivre après 60 ans.

    3. Elle pénalise les femmes et les plus modestes

    Avec le recul de l’âge légal, beaucoup d’ouvriers ou d’employés qui ont commencé à travailler jeunes, devront travailleur plus longtemps. Le gouvernement pour éviter cet écueil a étendu le dispositif “carrières longues”, qui permet des départs anticipés. Ceux qui ont travaillé dès 17 ans pourront ainsi partir à 60 ans ou avant… mais à condition d’avoir validé 43 ans. En revanche, malheur à ceux qui ont commencé à 18 ans : ils ne sont pas concernés par le dispositif.

    Quant au recul du taux plein de 65 à 67 ans, lui va pénaliser tous ceux qui ont eu des carrières hachées, des parcours professionnels difficiles, et attendaient l’âge du taux plein pour ne pas subir la décote – notamment les femmes.

    4. Elle risque d’aggraver les conditions de travail

    Les Français peuvent-ils travailler après 60 ans ? C’est la grande inquiétude de nombreux spécialistes. En France, les conditions de travail sont très dures : “La France n’a fait aucun progrès sur la soutenabilité du travail, elle n’a pas aménagé les postes pour les seniors.” juge Anne-Marie Guillemard qui a étudié la façon dont les pays européens prenaient en charge le vieillissement des actifs. Simplement, si l’on vit si longtemps en France, c’est parce qu’on travaille moins longtemps.

    5. Elle fait un tri arbitraire dans les pénibilités

    Un exemple pour comprendre cet arbitraire : “A 55 ans, un salarié sur deux a des problèmes d’épaule invalidante. Mais si vous n’arrivez pas à lever votre épaule au-delà de 90°, votre taux d’invalidité ne sera que de 5%.” explique Annie Touranchet, médecin-inspecteur à la direction régionale du travail des Pays de la Loire. Or 5% ce n’est pas assez pour pouvoir partir à 60 ans, le seuil minimum est de 10%.

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