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Fusion Agirc-Arrco : ce qui va changer pour nos retraites en 2019

Dans le secteur privé, on ne cotise pas au même régime de retraite que l’on soit cadre ou simple salarié. Mais début 2019, les deux caisses vont fusionner.
C’est une information qui concerne les 18 millions de salariés du secteur privé qui cotisent aux régimes de retraite Agirc, pour les cadres, et Arrco, pour les non-cadres. Dans un peu plus d’un an, le 1er janvier 2019, il n’y aura plus deux régimes distincts, mais un seul. Les modalités de la fusion entre l’Agirc et l’Arrco ont été mises au point vendredi par un accord conclu entre le patronat et les syndicats.

Une seule ligne sur le bulletin de paye. Quand ce changement sera effectué, vous n’aurez plus deux lignes distinctes sur votre bulletin de paye pour les cotisations de retraite complémentaire, mais une seule. On ne cherchera donc plus à savoir si vous êtes cadre ou non-cadre. Les points de retraite que vous gagnerez chaque année auront ainsi la même valeur quel que soit votre statut.

Une même pension de réversion pour tout le monde. Les autres changements concernent certains droits qui, dans le système actuel, ne sont pas identiques entre l’Arrco et l’Agirc. C’est notamment le cas de la pension de réversion, autrement dit la part de la pension de retraite de votre conjoint que vous touchez quand il décède. À l’Arrco, on perçoit la pension de réversion dès l’âge de 55 ans, mais à l’Agirc, il faut attendre 60 ans. À partir de 2019, ce sera 55 ans pour tout le monde.

Un nouveau plafond pour les majorations. Les majorations de pensions, que vous toucherez quand vous arriverez à la retraite si vous avez élevé au moins trois enfants, vont elles aussi être toilettées. Actuellement, elles correspondent à 10% du montant de la pension, mais sont plafonnées à 1.000 euros par an, à l’Arrco comme à l’Agirc. L’accord conclu vendredi prévoit que dans le régime unifié, le plafond sera de 2.000 euros.

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Jean-Paul Delevoye

La future loi retraite reportée à 2019

Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites, veut se donner le temps de consulter tous les partenaires sociaux, tous les régimes, afin de dégager un consensus maximal.

La «transformation» la plus sensible de l’ère Macron, la réforme systémique des retraites, pourrait prendre plus de temps que prévu! Une première réunion de calage est d’ailleurs prévue ce vendredi à l’Élysée en présence d’Emmanuel Macron, de Gérald Darmanin (Comptes publics), d’Agnès Buzyn (Santé) et de Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites. Nommé le 14 septembre, l’ex-président du Cese a reçu la CFE-CGC mardi et l’U2P mercredi pour une prise de contact, avant les autres centrales dans les prochains jours.

La seule certitude, c’est le slogan de la campagne «pour un euro cotisé, les mêmes droits pour tous», dont Jean-Paul Delevoye a fait sa feuille de route

Conclusion de ces échanges? Le haut-commissaire Delevoye ne mènera pas cette réforme à la hussarde et semble décidé à prendre son temps. «La loi sur les retraites prévue en 2018 aura plutôt lieu en 2019», estime l’un de ses interlocuteurs. L’objectif de l’ancien ministre de la Fonction publique est de se donner le temps de consulter tous les partenaires sociaux, tous les régimes, afin de dégager un consensus maximal. Mais aussi de laisser passer les élections européennes, premier test électoral pour la nouvelle majorité…

Les premiers rendez-vous ont été de bon augure. «Jean-Paul Delevoye aborde le sujet sans idéologie, il est très ouvert à toutes les propositions», indique l’un de ses interlocuteurs. Tous soulignent aussi la qualité de la petite équipe – une dizaine d’experts, tels Jean-Luc Izard (ex-directeur du GIP Union Retraite) ou Philippe Laffon (ex-directeur de la protection sociale à l’UIMM) – dont il s’est entouré. Sur le fond, tout reste ouvert. La seule certitude, c’est le slogan de la campagne «pour un euro cotisé, les mêmes droits pour tous», dont Jean-Paul Delevoye a fait sa feuille de route.

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Les droits des chômeurs proches de la retraite sont préservés

Avec l’entrée en vigueur des nouvelles règles de l’Unédic, défavorables aux seniors, on aurait pu croire que les chômeurs proches de la retraite seraient pénalisés. Il n’en est rien.
Les chômeurs proches de la retraite peuvent se rassurer… Si les nouvelles règles de l’assurance chômage entrées en vigueur le 1er novembre dernier pénalisent les seniors de 50 à 55 ans, elles préservent les droits des chômeurs qui frôlent l’âge légal de départ, pour lesquels la probabilité de retrouver un emploi est la moins élevée.

Pour rappel, pour les chômeurs âgés de 50 à 52 ans, la durée d’indemnisation maximale est désormais de 24 mois au lieu de 36 mois. Elle est passée à 30 mois entre 53 et 54 ans, ce à quoi peuvent peuvent s’ajouter 6 mois en cas de formation. Ces nouvelles règles s’appliquent à tous ceux dont le contrat de travail prend fin à compter du 1er novembre (les chômeurs en cours d’indemnisation ne sont pas visés par ces changements et continuent à être indemnisés selon l’ancienne convention).

En revanche, pour les chômeurs de 55 ans et plus, le système du maintien de droits aux allocations jusqu’à la retraite est préservé. Conséquence : les seniors qui se retrouvent privés d’emploi à partir de 59 ans, à la suite d’un licenciement ou d’une rupture conventionnelle, et qui ont épuisé leurs 36 mois d’indemnisation à 62 ans pourront toujours continuer à être indemnisés par Pôle emploi au-delà de cette période de 36 mois, s’ils ne peuvent pas prétendre à cet âge à une retraite à taux plein. Leurs allocations continueront à leur être versées jusqu’à ce qu’ils aient réuni le nombre de trimestres requis pour avoir le droit à une retraite à taux plein, ou à défaut jusqu’à 67 ans. Sous réserve qu’ils réunissent les conditions suivantes : être en cours d’indemnisation depuis au moins un an à 62 ans, avoir validé au moins 100 trimestres pour sa retraite et être affilié depuis 12 ans à l’assurance chômage, dont une année continue ou deux années discontinues dans les 5 dernières années.

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Pour le reste, aucune modification aux droits des chômeurs pour leur future retraite n’a été apportée. Dès lors qu’ils sont indemnisés par Pôle emploi, leurs périodes de chômage sont retenues pour la détermination de leur durée d’assurance, chaque période de 50 jours d’indemnités comptant pour un trimestre. Si à l’issue de cette période, ils n’ont toujours pas retrouvé d’emploi, ils peuvent bénéficier d’un année supplémentaire validée gratuitement pour les moins de 55 ans. Pour les plus de 55 ans, ces périodes de chômage non indemnisées faisant immédiatement suite à une période de chômage indemnisé sont prises compte dans la limite de 5 ans, sous réserve qu’ils justifient d’une durée de cotisations d’au moins 20 ans. Mais attention, si vous reprenez une activité dans l’année ou les 5 ans suivant la fin de vos droits, selon le cas, vous perdez le droit à cette validation gratuite même si votre nouvelle activité ne vous a pas permis de vous constituer de nouveaux droits au chômage !

Un autre dispositif permet de tenir compte de votre “première” période de chômage non indemnisée, dans la limite de 1 an et demi (cette durée est limitée à un an pour les périodes de chômage antérieures au 31 décembre 2010). Mais attention, quoi qu’il arrive, les périodes de chômage non indemnisé ne seront validées que si vous faites liquider votre retraite avant l’âge du taux plein, sans avoir la durée d’assurance requise pour toucher votre retraite à taux plein. Si vous avez le nombre de trimestres requis, on ne tiendra pas compte de ces périodes. On n’en tiendra compte que si elles sont nécessaires pour compléter des trimestres cotisés.

Par ailleurs, ces deux dispositifs de validation des trimestres de chômage non indemnisé sont exclusifs l’un de l’autre : votre première période de chômage non indemnisé ne pourra être prise en compte que si vous n’avez pas obtenu auparavant la validation d’une période de chômage non indemnisé faisant immédiatement suite à une période de chômage indemnisé.

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Pensions retraite en 2019

Nos pensions de retraite risquent-elles de fondre dès 2019 ?

Syndicats et patronat sont réunis à partir de mercredi pour évoquer l’avenir des caisses de retraite. Une piste plutôt inquiétante est à l’étude : baisser le montant des pensions en cas de dégradation des finances.
Les retraités et futurs retraités qui ont prêté un œil ou une oreille à l’actualité mercredi matin sont probablement en train de s’inquiéter. En effet, selon Le Parisien, qui a eu accès à des documents des organismes de gestion des retraites, le niveau global des pensions risque de baisser de 9% en quinze ans à cause d’un nouveau système de calcul. Les partenaires sociaux sont réunis à partir de mercredi pour négocier mais déjà les craintes se font sentir.

Possibilité de baisser les pensions. Syndicats et patronat sont réunis au siège du Medef pour négocier la mise en place, au 1er janvier 2019, du nouveau régime de retraite complémentaire, issu de la fusion de l’Agirc (organisme qui s’occupe des cadres) et de l’Arrco (pour tous les autres salariés). Parmi les changements intégrés à ce nouveau régime, un pilotage quasi automatique permettra, selon un document de travail consulté par Le Parisien, de moduler le niveau des pensions afin d’équilibrer les finances. Ceci en jouant sur la valeur du point de retraite, une variable qui sert de base au calcul des pensions, pouvant représenter jusqu’à plus de la moitié du montant versé.

Entendu sur Europe 1

Le texte réfléchit à une baisse programmée des pensions de retraite

Marie-Josée Kotlicki, secrétaire général de l’Ugict-CGT

Contactés par Europe 1, les services de l’Agirc-Arrco ont confirmé la possibilité de baisser le niveau des pensions de retraite en cas de déficit financier du régime, une hausse des cotisations étant d’emblée inenvisageable. Une hypothèse qui fait vivement réagir Marie-Josée Kotlicki, secrétaire général de l’Ugict-CGT, la fédération des cadres. « Comme il faut combler les déficits, il est évident que le nouveau texte qui nous est présenté réfléchit à une baisse programmée des pensions de retraite. Le montant des pensions sera la seule variable d’ajustement pour retrouver l’équilibre du régime », déplore-t-elle au micro d’Europe 1.

Baisse sensible. La syndicaliste s’appuie sur une étude d’impact commandée par les partenaires sociaux pour nourrir leur réflexion sur les modalités de la fusion. « L’étude montre que si on prend le régime tel qu’il nous est proposé, on aura une baisse minimale de 9% sur l’ensemble des pensions en quinze ans », souligne Marie-Josée Kotlicki. Le Parisien a ainsi calculé que le montant de la pension obtenue pour 100 euros cotisés passerait de 7,25 euros en 2018 à 5,77 euros en 2033. Une diminution qui concernerait aussi les actuels retraités, dont les pensions ont pourtant déjà été « liquidées ».

Plutôt un ultime recours. Mais du côté de l’Agirc-Arrco, on appelle à relativiser. Ce scénario ne serait envisagé que si les réserves accumulées par les caisses de retraite complémentaire fondent de moitié par rapport à leur niveau actuel. Aujourd’hui, l’Agirc et l’Arrco possèdent un matelas équivalent à une année de prestation, soit environ 60 milliards d’euros. Il faudrait que ces réserves descendent donc sous les six mois d’avance, soit moins de 30 milliards. A noter que ces réserves n’empêchent pas l’Agirc-Arrco d’afficher un déficit de 2,24 milliards d’euros en 2016 (tout de même 700 millions d’euros de moins qu’en 2015).

Or, selon les syndicats qui ont signé en octobre 2015 l’accord pour rétablir les finances du régime, les mesures prises à l’époque visent justement à éviter que les réserves fondent de moitié. L’éventuelle baisse des pensions n’interviendrait donc qu’en cas de crise financière majeure des régimes de retraite complémentaires. La crainte de la CGT est donc pour l’instant plutôt théorique. « Il n’est pas souhaitable, ni économiquement ni socialement, de baisser les pensions », a assuré le négociateur du Medef, Claude Tendil. Quoi qu’il en soit, il faut aller vite. Une autre réunion est envisagée la semaine prochaine, les négociateurs devant s’entendre avant la fin de l’année.

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Pic des départs à la retraite anticipée en 2017

Les assouplissements du dispositif « carrière longue » décidés en 2012 puis en 2014 montent en charge. Il y aura près de 300.000 bénéficiaires d’une retraite anticipée en 2017, pour un surcoût de 3,2 milliards.

Les Français partent de plus en plus tard à la retraite, mais le nombre de ceux qui bénéficient de dérogations à l’âge légal croît lui aussi. Selon la Commission des comptes de la Sécurité sociale, « le nombre de bénéficiaires d’une retraite anticipée atteindrait son pic en 2017 », soit pas loin de 300.000 personnes en moyenne durant l’année prochaine (contre 260.000 cette année). En quatre ans, l’augmentation serait de 37 %.

C’est le résultat de la montée en charge du décret « carrières longues » de juillet 2012, et dans une moindre mesure de la loi sur les retraites de janvier 2014. Le premier a donné un coup de fouet à la possibilité de partir en retraite à 60 ans au lieu de 62 ans, pour des gens qui ont commencé à travailler à 20 ans. Pour actionner ce dispositif, il n’est plus nécessaire d’avoir cotisé plus que la durée légale d’assurance. De surcroît, un congé maternité spécifique ou une phase de chômage peuvent désormais être décomptés dans les trimestres cotisés, à l’instar du service national ou des arrêts pour maladie, maternité, accident du travail. La loi de 2014 a parachevé cette évolution en ajoutant des trimestres maternité, chômage, invalidité, ainsi que huit trimestres au titre de la pénibilité.

3,22 milliards d’euros

Ce qui a un coût. Le montant des pensions versées pour les retraites anticipées s’élèvera en 2017 à 3,22 milliards, en hausse de 39 % sur quatre ans. La facture augmentera quasiment de 500 millions d’euros en un an. Après 2017, le pic des carrières longues devrait s’éroder, notamment parce que les générations ont étudié plus longtemps.

Ces dépenses nouvelles sont à rapporter aux 5,9 milliards d’euros d’économies qui devraient être réalisées en 2017 suite aux sacrifices consentis lors de la réforme des retraites de 2010 : recul de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans, et passage de 65 à 67 ans de l’âge pour bénéficier d’une retraite à taux plein (sans décote) pour ceux n’ayant pas suffisamment cotisé. Cette dernière mesure commence juste à produire ses effets : « L’année 2016 constitue la première année où le relèvement du taux plein automatique minore les effectifs de départ en retraite », souligne la commission.

L’essor du dispositif des carrières longues représentera près d’un tiers de la hausse des prestations de l’assurance-vieillesse en 2017 : 0,5 point de croissance sur une progression totale de 1,6 %. Cette contribution sera d’autant plus visible que les nouveaux retraités pèseront moins lourd dans la balance l’an prochain. En effet, le relèvement de l’âge légal se traduit par un dernier creux sans départs entre septembre 2016 et janvier 2017, qui réduit les montants de pensions à verser en 2017. Puis en 2018, la montée en charge de la retraite à 62 ans sera achevée. Quant au recul de l’âge du taux plein automatique, qui va produire des à-coups jusqu’en 2023, il referme plusieurs fenêtres de départ, en août-novembre 2016, puis en juin-octobre 2017. Bref, les candidats à la retraite patienteront un peu plus et l’assurance-vieillesse paiera un peu moins.

www.lesechos.fr

Retraite : les pièges à éviter

Erreur 1 : Se contenter de la retraite des régimes obligatoires

Les régimes obligatoires, avec la pension de base de la Sécurité sociale et celle servie par les régimes complémentaires (Agirc, Arrco pour les salariés), ne couvrent plus toujours les besoins des retraités, le taux de remplacement moyen étant de l’ordre des deux tiers du dernier revenu d’activité pour les non-cadres, à peine de la moitié pour les cadres, et moindre pour les travailleurs non-salariés. L’érosion du taux de remplacement, défini comme étant le rapport entre le montant de la retraite (tous régimes confondus) et celui du salaire de fin de carrière, devrait se poursuivre avec la baisse du rapport de nombre de cotisants pour un retraité.

Pour améliorer son niveau de vie à la retraite, il convient de se constituer un complément de revenu régulier. Et les produits ne manquent pas : le PERP (Plan d’épargne retraite populaire) ouvert à tous, les contrats retraite Madelin réservés aux travailleurs non-salariés ou encore le Perco (Plan d’épargne retraite collective) dans le cadre de l’entreprise.
Ces solutions, dédiées à la préparation de la retraite, apportent un revenu à vie tout en bénéficiant davantage fiscaux en phase de constitution d’épargne mais prévoient peu de clauses de déblocage de son épargne avant l’âge de la retraite.

L’assurance vie classique et le PEA sont également des solutions pour les épargnants soucieux de conserver la libre disposition de leur épargne.

 

Erreur 2 : S’y prendre à la dernière minute

Il n’est jamais trop tôt ! En matière d’épargne retraite, l’équation est simple : plus vous commencez tôt, moins votre effort d’épargne sera important. La mise en place de versements réguliers est à privilégier. En épargnant sur une durée de 30 ans l’effort d’épargne total à fournir sera moins important que si vous épargnez pendant 10 ans car les sommes versées auront eu plus de temps pour faire des ”petits”.

 

Erreur 3 : Négliger le suivi de son dossier de retraite

Il est préférable d’informer vos caisses de retraite au moins quatre à six mois avant la date que vous avez choisie pour votre départ afin de parer à d’éventuels problèmes au cours de la constitution de votre dossier. Les erreurs commises par les caisses de retraites ou encore par le ou les employeurs sont fréquentes. En juin dernier, le rapport de la Cour des comptes soulignait ainsi que le taux d’erreur de calcul des retraites du régime général en 2015 était de 1 sur 13. Il est en ce sens recommandé de bien vérifier son “relevé de situation individuelle” envoyé tous les cinq ans à compter de vos 35 ans, et d’en signaler les erreurs le cas échéant. Il en est de même pour votre “estimation individuelle globale”, que vous recevez l’année de vos 55 ans puis tous les 5 ans. Les chiffres donnés n’ont valeur ni d’engagement ni de certitude.

 

Erreur 4 : Oublier de se déclarer

Bien souvent, l’erreur est de penser que le départ en retraite est automatiquement acté par l’administration et les services concernés. En réalité, pour percevoir vos pensions, il faut que vous en fassiez la demande vous-même. Cette démarche consiste à remplir des formulaires spécifiques (en ligne ou par correspondance) de demande de liquidation de vos droits auprès de toutes les caisses auxquelles vous avez cotisé tout au long de votre vie professionnelle. Bien sûr vous pouvez vous faire aider d’un conseiller. Et il est recommandé de garder une trace des documents transmis.

Pour rappel, les pensions sont versées à partir du mois suivant le dépôt de votre demande. Si vous attendez d’avoir cessé votre activité pour en faire la demande, ce sera autant de revenus de perdus car il n’y a pas de rétroactivité.

 

Erreur 5 : Se tromper dans le nombre d’annuités

Obtenir une retraite à taux plein nécessite un nombre minimum d’annuités de cotisation souvent difficile à se rappeler après une vie entière de travail. Sur ce point, la réforme des retraites de 2010 a établi une nouvelle échelle tenant compte de l’allongement de la durée de cotisation. Celle-ci est désormais comprise dans une fourchette de 40 ans (soit 160 trimestres pour les personnes nées en 1948 ou avant) à 43 ans (soit 172 trimestres pour les personnes nées à compter de 1973). Exception faite de certaines professions qui bénéficient de régimes spécifiques, il convient par ailleurs d’avoir atteint l’âge minimal légal de départ à la retraite. Or, en vertu de la réforme de retraite, ce plancher va bientôt évoluer pour passer à 62 ans à compter du 1er janvier 2017 – contre 60 ans actuellement.

 

Erreur 6 : Etre locataire à la retraite

Il est recommandé d’être propriétaire de sa résidence principale et ce, le plus tôt possible afin de supprimer dans son budget de retraité les postes “loyer” et “remboursement de crédit”. Votre pension sera ainsi nette de toute charge, en dehors de celles liées au fonctionnement du logement. Etre propriétaire vous permettra aussi d’envisager la revente de votre résidence et l’acquisition d’un bien moins cher, le placement du reliquat pouvant alors vous procurer des revenus supplémentaires.

 

Erreur 7 : Oublier la pension de réversion

Tout comme la retraite, la réversion en cas de décès du conjoint ou de la conjointe n’est pas automatique. Il faut en faire la demande auprès de la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) et des caisses de retraite complémentaires.

Pour la CNAV (régime de base des salariés), la réversion est toutefois conditionnée au fait d’avoir au moins 55 ans et ne pas dépasser un plafond de ressources correspondant, pour une personne seule, à 2080 fois le Smic horaire en vigueur au 1er janvier (soit 20.113,6 euros en 2016). Le montant maximum de la pension de réversion est égal à 54% de la pension dont bénéficiait l’assuré.

Pour les régimes de retraite complémentaires les modalités et conditions d’âge peuvent différer d’une caisse à l’autre mais il n’y a généralement pas de condition de ressources pour percevoir la réversion.

 

Erreur 8 : Travailler sans salaire ou rémunération

Au cours des premières années qui suivent la création d’une entreprise, il est fréquent de ne pas se rémunérer. Inconvénient : vous ne cotisez pas pour votre retraite. Il est donc conseillé de vous verser le salaire minimum qui vous permet de valider quatre trimestres par an. Ainsi, pour valider un trimestre en 2016, il suffit de percevoir un salaire soumis à cotisation représentant 150 fois le montant du Smic, soit 1 450,50 euros brut mensuel (5 802 euros bruts pour quatre trimestres). Pour rappel, il n’est possible de valider que quatre trimestres par an. En complément, le chef d’entreprise peut souscrire un PERP ou un contrat retraite Madelin si son statut le lui permet.

 

Erreur 9 : Ne pas faire attention aux périodes travaillées à l’étranger

Si vous travaillez dans un pays avec lequel il n’y a pas de convention bilatérale avec la France sur l’assurance vieillesse, votre période d’expatriation, même si vous cotisez dans votre pays d’accueil, ne sera pas prise en compte pour votre retraite française. Pour éviter de perdre vos trimestres effectués à l’étranger, il est vivement conseillé de souscrire une assurance auprès de la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Elle assure la poursuite des droits au régime de base et, par le paiement de cotisations (patronales et salariales), aux régimes complémentaires Arrco et Agirc par l’intermédiaire de la CRE (Caisse de retraite des expatriés) et de l’Ircafex (pour les cadres).

@LePoint.fr

Classement international des systèmes de retraite : la France a des progrès à réaliser

Le classement international des systèmes de retraite dressé par le Melbourne Mercer Global Pension Index place la France en 14ème position sur un panel de 27 pays.

Le système de retraite français va être contraint à une réforme profonde s’il souhaite absorber les coûts majeurs entraînés par le vieillissement de la population, estime le cabinet Mercer dans son étude. La France a conservé sa notation de l’an dernier (la note « C ») avec une moyenne globale qui a légèrement fléchi (l’indice est passé de 57,4 à 56,4).

Le classement est dominé par les Pays-Bas et le Danemark (notés « A ») qui obtiennent un indice global supérieure à 80, indice qui prend en compte la performance, la durabilité et l’intégrité des choix en matière de système de retraite. Concernant ce dernier critère, la France obtient le cinquième plus mauvais score et le pire d’Europe. Une mauvaise note qui s’explique notamment par le fait que le système français peut encore s’avérer opaque.

De plus, contrairement aux pays anglo-saxons, il n’existe pas dans notre pays de comité de suivi pour les dispositifs privés de retraites supplémentaires au niveau de l’entreprise. Une absence qui justifie l’appréciation sévère de l’étude concernant la gouvernance de notre système de retraite.

Pourtant la France  bénéficie d’une excellente note sur la partie « performance »avec 75,2 points, soit bien mieux que la moyenne des pays étudiés (58,1 points). Une notation qui confirme que nos retraités sont bien traités. Avec un départ encore possible à 60 ans et une espérance de vie à 85 ans, les Français jouissent de la retraite la plus longue au monde.

Au-delà du simple constat, l’étude dégage également quelques pistes qui pourraient, selon elle, permettrent à la France d’améliorer son régime : augmenter l’activité des seniors puisque que la durée de vie augmente ou encore reporter l’âge légal de départ à la retraite…

@LCI

Retarder l’âge de la retraite permettrait d’augmenter le nombre d’emplois

Le ministère des Finances (la direction du Trésor) nous explique que si l’on augmente l’âge de la retraite pour le porter de 62 ans à 64 ans, à compter de 2017, le PIB augmenterait de 1,4 point. Cela fait 30 milliards d’euros, à long terme. On pourrait par ailleurs tabler sur 200.000 emplois supplémentaires par année de report de la retraite, c’est-à-dire 400.000 au total pour le pays si l’on passait à 64 ans.

On peut vraisemblablement croire à une telle conclusion, qui va à rebours de l’intuition. Plus il y a de gens au travail, plus on crée des emplois. C’est la fameuse formule d’Alfred Sauvy : « Le travail des uns créé le travail des autres ». Des seniors en emploi, qui perçoivent des revenus de leur activité (plus élevés que ceux de la retraite), cela fait plus de croissance, et donc plus d’emplois pour les autres. À l’inverse, l’idée fausse, qu’on a longtemps crue en France, c’est qu’il suffirait de faire partir les seniors à la retraite plus tôt pour libérer les places pour les jeunes. La meilleure preuve, c’est que les pays européens qui ont le taux d’emploi des seniors les plus élevés – la Finlande ou l’Allemagne, par exemple – ont aussi le taux de chômage des jeunes le plus faible.

Cela veut dire que la retraite tardive ne crée pas de chômage, mais qu’elle le diminue au contraire. Même si en réalité les effets de cette mesure se décomposent en deux temps, nous dit Bercy.L’effet immédiat est bien négatif. Parce que les seniors, faute de pouvoir accéder à leur retraite, sont contraints de rester sur le marché du travail, au chômage. C’est ce qu’on a observé en France après la réforme de 2010. Depuis cette réforme, le chômage des plus de 50 ans a bien augmenté, fortement. Entre mai 2012 et aujourd’hui, il est passé de 600.000 à 900.000 personnes.

Mais dans le même temps, on commence aussi à voir poindre les effets positifs, au-delà des effets comptables, sur les comptes de l’assurance-retraite. Le taux d’emploi des 55-64 ans a, par exemple, augmenté de plus de deux points sur la seule année 2014, pour atteindre presque 48%. C’est le taux le plus élevé depuis 1975, même s’il reste largement inférieur à la moyenne européenne.

Combien de temps faut-il attendre pour voir les effets positifs l’emporter ? Le temps que les entreprises s’adaptent, pour proposer aux seniors des postes aménagés, et dans le travail lui-même, et dans les horaires, voire pour les salaires. Il faudrait aussi que le système de formation suive, pour proposer de nouvelles carrières à ceux qui ont 45 ou 50 ans.

PAR FRANÇOIS LENGLET, LOÏC FARGE

Pérenniser notre système de retraite nécessitera des ajustements

Ils sont nombreux en ce moment, les sauveteurs de la retraite. Les candidats à la primaire de la droite rivalisent de propositions chocs pour assurer l’avenir de nos pensions, décidés à reculer l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans (Nicolas Sarkozy), ou à 65 ans (Alain Juppé, François Fillon, Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet).

Il est vrai que les arguments en ce sens ne manquent pas. Nos voisins européens se sont déjà faits à cette idée en mettant le cap sur 67, voire 68 ans au Royaume-Uni. Tout le monde est bien conscient que l’espérance de vie va continuer à s’allonger. La France détient déjà le record mondial du pays où l’on passe le plus de temps à la retraite : 27 ans pour une femme, 23 ans pour un homme. Enfin, le ratio cotisants/retraités va continuer à se dégrader : de 2,6 en 2006, il doit tomber à 1,6 en 2030. C’est loin, mais l’assurance-vieillesse est un lourd paquebot qui se manoeuvre à 25 ans, à l’échelle d’une génération.

Et puis, à côté de ces « inquiets », il y a Marisol Touraine, pour qui « aucune réforme des retraites ne s’impose aujourd’hui pour des raisons financières ». La ministre des Affaires sociales arbore, elle aussi, son brassard de secouriste, et explique sans barguigner que la gauche a « sauvé la Sécurité sociale », notamment parce que la branche vieillesse de la Sécu va revenir à l’équilibre en 2016. Elle devrait même afficher un excédent de 1,6 milliard d’euros l’an prochain au régime général.

En réalité, pour avoir une photographie plus exacte des résultats de l’assurance-vieillesse, mieux vaudrait consolider les (mauvais) comptes du fonds de solidarité vieillesse, comme le recommande la Cour des comptes. Même ainsi, cela ne ferait guère qu’un déficit de 2,4 milliards en 2017, à mettre en regard des 130 milliards d’euros de pensions et de transferts versés par le régime général. Une goutte d’eau. La ministre a donc raison de se réjouir du redressement des comptes.

Quant à avoir « sauvé » les retraites, c’est une autre affaire. D’abord parce que les sauveteurs du quinquennat précédent ont joué le rôle principal dans la séquence actuelle. Telle une voile qui prend le vent, la loi Woerth de 2010 est en train de se déployer, entraînant plus de 5,9 milliards d’économies en 2017 pour le régime général. Ce texte combattu par la gauche, à l’époque, fait progressivement passer l’âge minimum légal de 60 à 62 ans en janvier 2018, et l’âge du taux plein de 65 à 67 ans – une évolution qui doit s’étirer jusqu’en 2023. L’heure de la réforme Touraine viendra aussi, puisque la loi de 2014 prévoit une augmentation de la durée d’assurance échelonnée entre… 2020 et 2035. Economie attendue : 5,4 milliards, en 2030 ! Peut-être la droite en profitera-t-elle, par un juste retour des choses.

La question n’est toutefois pas de savoir qui a sauvé les retraites, mais « comment » et « pourquoi ». Avant d’entreprendre d’autres réformes, soyons clairs : que voulons-nous sauver ? Depuis la première réforme des retraites, celle de 1993, certains choix ont été faits, sans que le grand public réalise combien ils deviendraient pesants. C’est le cas de l’indexation des pensions sur les prix, et non plus sur les salaires. Voilà près de vingt-cinq ans que la bascule a eu lieu. Année après année, la revalorisation des pensions est moins vive que celle du revenu des actifs. Cela ne se voit pas pour l’instant, car les retraités récents ont eu des carrières plus longues et de meilleures rémunérations que leurs aînés, et peuvent donc prétendre à de plus belles retraites. Les seniors ne sont d’ailleurs pas à plaindre : leur taux de pauvreté est le plus faible de toute la population, et leur niveau de vie est supérieur à celui des actifs.

Mais attention à l’atterrissage. Les « Trente Glorieuses » de la retraite s’achèvent. A force d’ajuster les « paramètres » de la retraite dans tous les sens, de resserrer un boulon ici, de remettre une vis là, le rendement du système décroît. Les partenaires sociaux gestionnaires de la retraite complémentaire des salariés du privé (Agirc-Arrco) ont été inventifs pour faire grimper le prix d’achat du point et baisser sa valeur de service. Partout, les pensions ont été gelées, décalées, sous-indexées. Résultat, le niveau de vie des retraités devrait diminuer au cours de la prochaine décennie.

Quant aux travailleurs et aux employeurs, plus le temps passe, plus ils s’épuisent à financer les retraites. A chaque réforme, les cotisations augmentent. Un décret fixe depuis 2014 un plafond au taux de prélèvement retraite conjoint du régime de base et de l’Agirc-Arrco. A 27,4 %, on frôle déjà cette borne de 28 %. La tentation de la relever va grandir en 2017. La compétitivité ou les retraites, va-t-il falloir choisir ?

Peut-être pouvons-nous espérer un jour retrouver les deux, et aussi garantir le niveau des pensions à l’avenir. Avec une croissance de la productivité proche de 1,5 % par an, le système sera à l’équilibre, selon les projections du Conseil d’orientation des retraites (COR). Si ce scénario central s’avère trop optimiste, place aux sauveteurs avec leurs formules chocs.

Sinon, on pourra commencer à réparer les fêlures, en rectifiant la trajectoire des pensions. Qu’on ne s’y trompe pas : ces réformes de rééquilibrage, et non plus de redressement, coûteront cher. Pour alléger la facture des retraités futurs et des cotisants, il faudra sans doute actionner à nouveau le levier de l’âge et de la durée de cotisation. Sans qu’il soit forcément nécessaire de promettre du sang et des larmes.

Solveig Godeluck

Un simulateur qui compare les différentes propositions de réforme du système de retraite

Laquelle des propositions des quatre principaux candidats de la primaire Les Républicains François Fillon, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ou Bruno Le Maire permettra de sauver le système de retraite français? En vue de la présidentielle en 2017, l’Institut Montaigne, publie en partenariat avec l’Institut de la Protection Sociale, un simulateur qui permet de déceler les principaux effets des propositions des candidats sur les caisses de retraite.

Vous pouvez également vous mettre dans la peau d’un présidentiable et proposer votre propre réforme pour sauver le système de retraite français. Cliquez sur la photo ci-dessous pour avoir accès au simulateur.

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